5 - TECHNIQUE ET CONSEILS

mars 25, 2007

Élections provinciales 2007: les performances oratoires des chefs du PLQ, du PQ et de l'ADQ

INTRODUCTION

    Les discours de Jean Charest, André Boisclair et Mario Dumont étudiés par nos formateurs, ont eu lieu respectivement les 20, 21 et 23 mars 2007, dans le cadre de dîner-conférences organisés par la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain (CCMM). La durée des discours était d'environ 20-25 minutes.

Les analyses de ces prestations oratoires ne concernent évidemment en aucun cas le contenu politique des discours. En ce sens, elles n'expriment aucune opinion sur le programme des trois candidats, ni d'analyse ou de jugement sur la composition de ces programmes. Audience Impact a simplement souhaité profiter du support que lui offraient l'actualité et la campagne électorale québécoise, pour se livrer à cet exercice en lien direct avec les services fournis par l'entreprise.


JEAN CHAREST – PLQ – Premier Ministre du Québec

Devant les membres de la CCMM, Jean Charest a effectué une prestation en demi-teinte. Une première partie de discours performante, suivie d’une deuxième beaucoup moins efficace.

Les points positifs de la prestation

Dans cette première moitié de discours, Jean Charest se sent bien sur la scène, le public nombreux ne l’intimide pas et il contrôle bien sa nervosité en paraissant détendu. Cette détente ne l’empêchant pas d’être dynamique et de faire preuve d’une énergie efficace, qui se traduit même par une sorte de petite étincelle dans son regard.

Quand il est dans cet état d’esprit très positif, Jean Charest est un excellent orateur. Il fait preuve d’une chaleur naturelle qui lui donne une grande proximité avec son auditoire et un charisme certain. Ses regards dans le public son bien placés et donnent réellement le sentiment à chaque personne d’être concernée par le discours. M. Charest a également une bonne capacité à utiliser son sens de l’humour, pour parfois sortir un peu de son texte et alléger le cadre du discours politique.

Du côté de la voix, la manière de parler est calme et assurée, avec une bonne utilisation de la tonalité pour nuancer son propos, en fonction des idées qu’il développe. M. Charest sait également placer les pauses et les silences volontaires, pour laisser le temps à son auditoire d’assimiler l’information.

Concernant l’aspect gestuel, le naturel l’emporte et cela fonctionne bien. La gestuelle est variée et vient bien appuyer le propos, en dehors d’une légère tendance à trop marteler avec les mains.

Enfin d’un point de vue structurel, sur cette première partie de son intervention, la pensée et la concentration sont bien alignées sur le fil conducteur du discours. M. Charest navigue bien en suivant cette ligne directrice, qu’il se permet de quitter parfois de manière contrôlée, aussi bien en français qu’en anglais.

À noter: le choix de demander aux candidats de son parti présents dans la salle, de se lever pour les saluer au début de son intervention, un clin d’œil efficace à ses capacités de meneur et à son sens de l’équipe.

Les points à travailler

C’est dans la deuxième moitié de son discours que la belle mécanique oratoire de M. Charest s’est enraillée. Après un début très dynamique, Jean Charest a lentement mais sûrement perdu son énergie. L’étincelle dans le regard a disparu et la passion qui animait l’orateur et le rendait chaleureux, s’est évanouie en même temps. L’effet s’est rapidement fait sentir, avec un décrochage d’une grande partie de l’auditoire, qui s’est traduit par un début d’agitation dans la salle.

Le charisme dont faisait preuve Jean Charest s’est ainsi évaporé avec son énergie. Se voulant sérieux, son regard est en fait devenu plus sévère, d’une manière un peu artificielle le rendant moins crédible et donc moins convaincant.

La respiration est devenue plus courte avec pour conséquence, une difficulté à terminer les longues phrases. Les dernières syllabes ont tendance à tomber, car elles ne sont plus soutenues par la projection de la voix, ce qui les rend par moments difficiles à entendre pour l’auditoire. Cela ayant pour effet d'altérer l’attention portée à l’orateur et au contenu de son discours. 

D’un point de vue structurel sur cette deuxième partie de discours, le passage en mode lecture dû à la perte de dynamisme, a totalement éteint l’aspect bien maîtrisé du sujet. M. Charest donnant l’impression d’être beaucoup moins guidé par sa pensée et le fil conducteur de son intervention, que dans son début de discours.

À noter: le choix de M. Charest d’axer le contenu de son intervention sur sa politique générale, plutôt que sur la métropole de Montréal, tel que l’introduction de la Présidente de la CCMM le laissait supposer. Un choix (stratégique ?) qui a déçu un certain nombre de personnes dans l’auditoire.



ANDRÉ BOISCLAIR – PQ – Candidat au poste de Premier Ministre du Québec

Devant les membres de la CCMM, André Boisclair a effectué une prestation plutôt dynamique, mais dont l’efficacité en terme d’orateur est plutôt mitigée.

Les points positifs de la prestation

Dès le début de son discours, André Boisclair donne le sentiment qu’il veut bien faire, avec en ce sens un côté perfectionniste qui transparaît. Il maîtrise relativement bien son trac, même si la pointe de nervosité que l’on perçoit quand il monte sur la scène, indique qu’il pourrait être un peu plus détendu.

L’ensemble de son intervention est énergique et marqué par le dynamisme. M. Boisclair montre également son intérêt pour le public qui l’écoute, en plaçant ses regards de manière adéquate dans l’auditoire.

Du côté de la voix, la diction de M. Boisclair est parfaite, tous les mots prononcés sont facilement compréhensibles pour le public. La voix est également bien portée avec le souffle nécessaire. Sa posture bien droite et ancrée au sol l’aide en ce sens.

Du point de vue de la structure, il suit parfaitement le chemin tracé par son plan de communication.

À noter: le fond de son discours est cadré sur le thème de la métropole de Montréal, tel que l’introduction de la Présidente de la CCMM le laissait supposer.

Les points à travailler

Le revers de la médaille est probablement l’expression la plus appropriée pour illustrer les difficultés rencontrées par André Boisclair. En effet, la volonté de bien faire et la recherche de la perfection, quand elles sont poussées trop loin, nuisent au naturel et à la transmission du message à l’auditoire.

Le désir de paraître constamment passionné supprime quasiment toute forme de nuance dans la sonorité de la voix. Le ton est emporté, parfois même agressif, quel que soit le sujet abordé dans son exposé. Il est donc assez difficile pour l’auditoire de différencier par le ton du discours, les flèches qu’ils lancent contre ses adversaires politiques, de ses propres idées ou propositions. Cette tonalité coupe M. Boisclair de son public en raison du manque de naturel et donne l’impression que son discours est désincarné, comme préenregistré sur une bande son.

La respiration serait également à travailler, afin de régler le débit de paroles, qui est continu. Des pauses ou des silences bien placés rendraient son discours beaucoup plus fluide, faciliteraient l’assimilation du message par le public et permettraient à l’orateur de mieux s’adapter à ses réactions.

Du côté de la gestuelle, M. Boisclair accompagne quasiment chaque mot d’un martèlement de la main qui trahi un certain manque de contrôle. Ce geste servant à appuyer un mot ou une idée à un moment donné, perd tout son intérêt lorsqu’il est continuel, allant même jusqu’à brouiller le message en donnant une importance égale à chaque mot. M. Boisclair a également très peu souri et gardé un air fâché, durant la presque totalité de sa prestation. Cela, quelle que soit la réaction du public, même après des applaudissements saluant une de ses promesses. Une attitude dure qui retire toute chaleur à son message et réduit au minimum l’empathie du public.

Enfin au niveau de la structure, la conclusion de l’intervention n’a pas été assez concise, avec un orateur emporté par son élan, qui n’a pas su trouver le bon rythme pour conclure. Ce qui a eu comme effet de voir une partie du public se lever et l’applaudir avant la fin, en pensant que le discours était terminé.  

À noter: M. Boisclair n’a pas prononcé un mot en langue anglaise durant son intervention. Un choix qui peut sembler étrange pour les milieux économiques et d’affaires représentés dans l’auditoire.



MARIO DUMONT – ADQ – Candidat au poste de Premier Ministre du Québec

Devant les membres de la CCMM, Mario Dumont a effectué une prestation mitigée du point de vue de la technique oratoire, tout en étant relativement efficace pour faire passer son message.

Les points positifs de la prestation

La force principale de M. Dumont réside assurément dans la facilité de compréhension de son discours et dans la manière dont il le rend accessible.

Du côté de la voix, la sonorité est restée nette et dynamique tout le long de sa prestation, malgré un certain manque d’énergie que M. Dumont s’appliquait à combattre. Le débit est bien ajusté, ni trop rapide, ni trop lent. Les silences et les pauses sont bien placés dans son exposé et permettent à l’auditoire de bien assimiler chaque idée développée. La diction est bonne, rendant chaque mot parfaitement audible d’un bout à l’autre du discours.

Concernant l’aspect gestuel, tout comme M. Charest, Mario Dumont reste très naturel et soutient bien son propos. Un bémol : une tendance à un peu trop marteler avec les mains ou en hochant la tête, pour accompagner certains passages de son discours.

Du point de vue de ses objectifs de communication, on sent que le but de faire passer le message est bien défini et que Mario Dumont applique son plan de communication à la lettre. Le résultat dans ce domaine est efficace, avec des propos concis, clairs, et des idées faciles à comprendre pour l’auditoire.

Les points à travailler

Malgré une performance plutôt réussie en termes d’objectif, la prestation de Mario Dumont n’a pas été aussi limpide techniquement que sa réputation d’orateur pouvait le laisser penser. En fin de campagne électorale, il a semblé fatigué avec beaucoup d’hésitations au moment de trouver ses mots ou ses idées, ce qui retirait de la fluidité à son discours.

Comme pour M. Boisclair, le désir de paraître passionné et dynamique empêche M. Dumont d’utiliser toutes les tonalités de sa voix. Adapter la tonalité aux différentes natures du propos permettrait à l’auditoire de mieux séparer les idées exposées .

Également, Mario Dumont gagnerait en sympathie et améliorerait le contact avec l’auditoire s’il se montrait sous un visage plus souriant, rendant son attitude un peu plus souple et détendue.

Enfin, c’est finalement du côté de la structure que la prestation a semblé la plus fragile. L’introduction particulièrement, qui est supposée annoncer les grandes lignes de l’exposé, ne permettait pas vraiment d’en saisir le cheminement. La conclusion était pour sa part trop longue, avec un manque de conviction dans l'expression par rapport au reste de la prestation, vraisemblablement dû à la fatigue de M. Dumont.

À noter: tout comme André Boisclair, Mario Dumont ne s’est pas exprimé du tout en anglais. Un choix qui peut paraître étrange pour un auditoire composé de gens d’affaires et des milieux économiques.


LE BILAN

L'idée première de l'exercice n'est pas de déterminer un classement, ni de distribuer les bons et les mauvais points. Il apparaît que les trois candidats ont des forces et des faiblesses oratoires différentes et c'est dans la manière dont ils jonglent avec ces points forts et ces points faibles, qu'ils se démarquent pour mettre en valeur leurs idées devant l'auditoire.

À ce jeu-là, Mario Dumont a semblé être le plus efficace. Jean Charest, a sans doute le plus grand potentiel quand il est au sommet de sa forme. Quant à André Boisclair, même s'il a semblé en retrait, au moins deux facteurs nuancent ce constat. Tout d'abord l'analyse ne concerne qu'un seul discours d'une vingtaine de minutes, sur toute la durée de la campagne. Ensuite, l'écart constaté en défaveur de M. Boisclair est loin d'être insurmontable, avec une préparation adéquate. Ce qu'illustre bien les publicités télévisées de son parti, pour lesquelles il a certainement pu se préparer efficacement.

Posté par Frederic Gosparini à 10:37 PM | Lien permanent

Tags Technorati :

février 15, 2007

Les activités extraprofessionnelles pour améliorer votre expression en public

    Il arrive que certains de nos clients voulant consolider leur capacité à s'exprimer en public, nous demandent quelles activités extraprofessionnelles pourraient les aider à aller dans ce sens. Voici donc une énumération non-exhaustive d'activités et des différents aspects qu'elles permettent d'améliorer.

Les activités artistiques

Évidemment, compte tenu des techniques dérivées de l'art dramatique que nous utilisons et de la formation d'origine de nos formatrices et formateurs, le côté théâtral de la présentation en public est le premier aspect que je vais évoquer.

Le théâtre va d'abord vous apprendre à gérer votre trac, en vous habituant à vous exposer et dans une certaine mesure vous faire travailler votre mémoire. D'un point de vue plus technique, sur la scène le travail de la posture, la gestuelle, la respiration et la projection de la voix, est un très bon entrainement en vue d'une présentation professionnelle. L'improvisation, qui est une catégorie particulière du théâtre, peut également ajouter d'autres cordes à votre arc : la vitalité d'esprit et la vitesse de réaction, qui vont améliorer la capacité d'adaptation à l'imprévu et le dynamisme.

Le chant, par exemple à travers la participation à une chorale, va vous habituer à bien gérer la respiration, à soigner votre posture et bien sûr à utiliser votre voix et sa projection.

Les activités sportives

Les sports tels que la natation, le ski de fond et le vélo peuvent vous aider au niveau de la respiration, de la posture et de la détente en évacuant du stress.

Le yoga, bien qu'il ne soit pas considéré comme un sport en terme de recherche de performance et de compétition, est assurément un excellent allié pour vous aider à vous sentir plus à l'aise lorsque vous vous exprimez en public. Il en existe plusieurs variantes intègrant plus ou moins de spiritualité, mais dans tous les cas le yoga va être extrêmement bénéfique pour ce qui concerne la conscience du corps et la posture, la concentration, la détente, la respiration et la voix.

Voilà ce que nous conseillons à nos clients. Sans oublier de leur rappeler, que ces activités représentant un travail de fond dont les résultats ne sont pas miraculeusement instantanés, leur préparation avant de s'exprimer en public reste essentielle... et que même les meilleurs continuent de se faire coacher!


Posté par Frederic Gosparini à 06:28 PM | Lien permanent | Commentaires (1)

Tags Technorati :

octobre 25, 2006

Le trac : apprivoiser l'animal (Deuxième partie)

    Après avoir mieux compris l'animal dans la première partie, sachez qu'il n’existe pas une règle magistrale pour apprivoiser le trac, mais plusieurs trucs et astuces sont disponibles. Voici une petite liste contenant des suggestions en attendant le fameux jour J et son heure H! À vous de vous en inspirer pour faire votre propre programme anti-trac.

J moins 1 semaine

Dans la prise de parole en public comme dans la vie, il n’y a pas de miracle : le premier et meilleur truc pour maîtriser son trac, c’est de bien se préparer. Plus vous aurez soigné votre préparation, plus vous aurez le sentiment d’avoir le contrôle sur votre présentation et sur vous-même le grand jour venu. Quelques pistes:

Mettez sur pied votre plan de communication, qui va structurer votre intervention (outil primordial qu’on vous apprend à construire et utiliser durant nos formations).

Préparez une liste de questions susceptibles de vous être posées.

Amusez vous à débattre de votre sujet lors d’un repas entre amis, avec des collègues… Un bon moyen de tester la solidité de votre démonstration.

Répétez! La répétition de votre présentation à haute voix plusieurs fois pour vous-même et si possible, devant un public de cobayes par la suite.

La visualisation, peut également vous servir en vous permettant d’imaginer votre intervention et de la voir telle qu’elle devrait se dérouler pour être un succès.

Interrogez-vous sur ce qui vous fait peur pour comprendre et répondre à vos craintes, à froid de façon rationnelle… Un bon moyen de dédramatiser!

H moins quelques heures

Le jour de votre présentation, ayez comme objectif d’avoir confiance en vous au maximum: 

Portez des vêtements dans lesquels vous vous sentez bien… et beau!

Mangez un bon repas facile à digérer… la poutine, cela peut être très bon, mais pas forcément «confortable» juste avant une présentation.

Réchauffez votre voix… chantez sous la douche, lisez à voix haute, etc… Bref, c'est comme la voiture le matin à moins 30°, avant de rouler il faut que ça chauffe.

Jetez encore un coup d’œil sur votre introduction et votre conclusion, ou relisez votre plan de communication.

H moins quelques minutes

Lorsque vous ressentirez les symptômes du trac et les papillons dans votre estomac:

Prenez de grandes respirations et étirez-vous si l’endroit vous le permet, cela vous aidera à vous détendre.

Concentrez-vous sur les objectifs que vous désirez atteindre avec votre intervention.

Si vous vous sentez trop paralysé par votre trac, à l’inverse, pensez à autre chose quelques minutes, plaisantez avec des gens autour de vous… Cette tactique fonctionne chez certaines personnes, elle permet de se détendre et de ne pas se focaliser sur la pression.

H plus quelques secondes

C’est parti! Vous remarquerez qu’après quelques phrases tous les symptômes du trac disparaissent. Si toutefois la tension tarde un peu à disparaître, n’hésitez pas à faire quelques pas sur place pour dégourdir vos jambes.

Un dernier conseil: souriez! Cela détendra votre visage tout en vous rendant plus sympathique pour votre auditoire.

Voilà. J’espère que ces quelques pistes vous seront utiles. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter... le mot de Cambrone!

Valérie Beaulieu
Formatrice Audience Impact


Posté par Frederic Gosparini à 01:30 PM | Lien permanent

Tags Technorati :

septembre 25, 2006

Le trac : cet animal étrange (Première partie)

    Le Petit Larousse définit le trac comme une peur, une angoisse irraisonnée éprouvée au moment de paraître en public ou de subir une épreuve. Moi je le vois plutôt comme un animal sauvage qu’il est possible d’apprivoiser. Mais pour cela, il faut d’abord le démystifier et donc comprendre ses origines, ses effets physiologiques et psychologiques, pour pouvoir le dompter par la suite... voire même apprécier sa compagnie!

Pour se faire, voici une explication biologique (évidemment très simplifiée et schématique) des mécanismes du trac :

Projetons-nous quelques minutes avant que vous ne vous exprimiez en public…

Vous avez beau être prêt (ou prête), vous êtes logiquement un peu nerveux, mais personne ne s'en aperçoit forcément… sauf votre cerveau! Ce qu’il va traduire automatiquement comme une menace de danger.

Votre hypophyse signale alors ce danger apparent et imminent à vos glandes surrénales. Celles-ci sont fidèles au poste et répondent instantanément en sécrétant de l'adrénaline, pour vous préparer à parer l'attaque qui vous menace.

Votre rythme cardiaque s’accélère et vos systèmes respiratoire et digestif (entre autres) sont sur le qui-vive. Ce qui explique les symptômes suivants : le cœur qui bat très fort, la respiration courte, les crampes au ventre, les tremblements, la sensation de chaleur accompagnée parfois d’un excès de sudation. Tout un programme!

L’animal est aux aguets, prêt pour la bataille… Finalement pour pas grand-chose! Aucun danger à l’horizon… Votre cerveau s’est un peu emballé.

Il l’admet humblement et pour calmer le jeu, ordonne la sécrétion d’endorphine. Celle-ci réduit votre stress, votre organisme baisse sa garde et paradoxalement vous devenez finalement très calme : bâillements, légère sensation de somnolence, respiration profonde et reprise du contrôle du système digestif…

Tous ces symptômes sont certes dérangeants, mais en comprendre le mécanisme a un premier effet de dédramatisation. Par ailleurs, cet état d’alerte provoqué par le trac est souvent l’un des éléments d’une présentation réussie. Bien maîtrisé, il vous aide à vous concentrer et à réagir plus promptement face à l’imprévu.

Maintenant que nous cernons mieux l’animal, nous tenterons de l’apprivoiser. Pour cela, je vous ferai part de quelques trucs dans la suite de ce billet consacré au trac, à venir prochainement…

Valérie Beaulieu
Formatrice Audience Impact

 

Posté par Frederic Gosparini à 04:48 PM | Lien permanent

Tags Technorati :

septembre 06, 2006

Expression verbale : paraître sympathique sans devenir familier, la frontière à ne pas franchir

    La rentrée de septembre étant là, je me suis dit qu'un billet sur ce thème serait une bonne manière de repartir d'un bon pied, après la décontraction propre à la saison estivale. L'idée m'est venue après avoir assisté ces derniers mois à quelques présentations, conférences et autres interventions, durant lesquelles j'ai parfois sursauté en entendant certaines expressions verbales plutôt familières, voire grossières. Deux exemples frappants et heureusement extrêmes :

Un directeur marketing peinant à faire vibrer les foules derrière son micro et qui n'hésite pas à employer le terme "dégueulasse" pour décrire quelque chose de laid. Effet négatif assuré! Si une partie de l'auditoire encaisse avec indulgence, d'autres sursautent avec moi avant d'échanger des regards au mieux interrogateurs, au pire désapprobateurs. Inutile de vous préciser que dès ce moment, le crédit de notre orateur a lourdement chuté.

Un deuxième exemple durant une conférence d'un spécialiste en nouvelles technologies. Au cours de sa démonstration à l'élan sympathique, notre spécialiste franchit la frontière virtuelle et nous explique qu'il est "sur le cul" pour décrire son étonnement. Pour le coup, c'est son auditoire qui s'est trouvé dans cette même position! Cette fois, l'orateur, dont l'attitude décontractée était assumée dès le début de son intervention, n'a pas directement subit le discrédit. En revanche, pour son auditoire plutôt sérieux et peu au fait des nouvelles technologies, cela n'a pu que renforcer le côté un peu hermétique de cet univers... et des personnages particuliers qui semblent y graviter. Un effet finalement contraire au but visé.

Sans rentrer dans le détail, comme les formateurs d'Audience Impact le font durant un coaching, il est essentiel que votre expression verbale, notamment votre vocabulaire, soit ajustée à votre public. Bien sûr le jargon ultra spécialisé doit être évité en face d'un public néophyte sur le sujet que vous exposez. Mais il est également primordial, que la qualité de votre langage montre à votre auditoire le respect que vous lui portez, en évitant les expressions trop familières... sans pour autant que vous paraissiez guindé. Une question d'équilibre finalement, comme bien souvent, pour que le fond de votre message et vous-même gagnent en crédibilité.

Pour finir, un blogue que j'apprécie, édité par cyberpresse, qui remet à sa place certaines expressions de la langue française régulièrement utilisées : Les amoureux du français, de Fabienne Couturier et Paul Roux.

Posté par Frederic Gosparini à 01:30 PM | Lien permanent | Commentaires (4)

Tags Technorati :

août 16, 2006

L'habitude et le savoir-faire : 2 notions très proches... des résultats parfois très éloignés!

    " Vous savez, vos services ne me seraient pas très utiles. Moi, des présentations en public, j'ai l'habitude d'en faire, etc, etc.". Il n'est pas rare lors de rencontres d'affaires, qu'un de mes interlocuteurs m'assène cette "vérité", d'un air mi-provocant, mi-triomphant... généralement, jusqu'à sa prochaine présentation. Car bien sûr, l'habitude de faire des présentations est un facteur positif et plus vous pratiquez une discipline, plus vous avez de chances de vous sentir à l'aise. Mais cela n'en soulève pas moins une question essentielle: avez-vous pris les bonnes habitudes? 

Coupe Rogers oblige, je ferais une analogie avec un sport pratiqué par de nombreuses personnes, le tennis. Bien que n'étant pas un expert de ce sport, je me souviens des heures de leçons données par différents (et courageux) professeurs, il y a quelques années. Si leurs méthodes d'enseignement pouvaient être différentes, ils s'entendaient tous sur un point: un autodidacte suffisamment adroit, qui joue régulièrement, peut s'en sortir à l'occasion, mais certains "mauvais" gestes devenus habituels l'empêchent de faire évoluer son jeu et de s'adapter à n'importe quel joueur face à lui. Par conséquent, rien ne vaut la prise de cours pour apprendre tout de suite le bon geste et prendre les bonnes habitudes de jeu, afin d'être tout le temps efficace... Le tennis et la prise de parole en public sont finalement beaucoup plus proches qu'on ne pourrait l'imaginer de prime abord!

Certaines personnes sont naturellement douées pour s'exprimer en public, mais pour la majorité d'entres-nous, le savoir-faire dans ce domaine va dépendre d'une bonne formation et d'une bonne utilisation des outils qui seront fournis au cours de celle-ci. L'habitude de la pratique ne renforce rapidement les compétences, que sur les bases d'une formation solide. L'oublier peut vous exposer, à l'heure des résultats, à des surprises parfois désagréables.

Le sport de haut niveau offre également une bonne illustration de la nécessité de continuer à s'entraîner lorsque l'on est devenu performant, pour le rester et progresser encore. Mais je reviendrai sans doute sur cette notion dans un prochain billet...  

Posté par Frederic Gosparini à 01:41 PM | Lien permanent

Tags Technorati :

août 07, 2006

55% + 38% + 7%

    Trois chiffres pour un petit rappel. Une statistique que vous avez peut-être déjà eu l'occasion de voir, mais dont l'origine n'est pas toujours expliquée. Sachez que lors d'une présentation devant un auditoire, l'attention du public est captée à:

55% par l'attitude corporelle et la gestuelle de l'orateur

38% par sa voix et la sonorité en général

7% par le contenu du message délivré par l'orateur

D'où viennent ces chiffres? Ils sont issus des recherches effectuées par le professeur Albert Mehrabian, depuis les années 70, sur la psychologie des relations interpersonnelles. Plus précisément, d'études sur ce que l'on peut appeler en vulgarisant, "le capital de sympathie" de l'orateur devant son auditoire.

Ces chiffres peuvent bien sûr être discutés et affinés en fonction du contexte d'une présentation en public, de son sujet, de la nature de l'auditoire, etc. Ils n'en reflètent pas moins une tendance lourde: pour que votre message soit reçu par l'auditoire tel que vous le souhaitez, la manière de le dire va être beaucoup plus importante que le contenu du message lui-même.

Encore une bonne raison, s'il en fallait une, de vous demander si vous êtes bien préparé pour votre prochaine présentation!

Posté par Frederic Gosparini à 12:03 PM | Lien permanent

Tags Technorati :

juillet 06, 2006

Le piège des supports visuels

    C'est un piège dans lequel tombent quasiment tous les présentateurs ou les conférenciers occasionnels (et parfois les professionnels aussi): l'utilisation inadéquate, voire contre-productive, de supports visuels qui viennent surcharger et brouiller le message destiné au public. Au-delà de leur élaboration technique, extérieure à notre champ de compétence, quelques principes essentiels sont à retenir lors de l'utilisation de cet outil, qui semble si indispensable à toute présentation qui se respecte. Ils vont vous paraître logiques et même pour certains, d'un bon sens enfantin... Ils sont cependant ignorés totalement ou en partie, dans 90% des présentations auxquelles les formateurs d'Audience Impact assistent.

  1. Vous êtes l'acteur principal de votre présentation et votre propos est plus important que les images que vous allez projeter, par conséquent le support visuel n'est qu'une illustration et ne doit pas se substituer à ce que vous dites

  2. Le plan de votre présentation ne doit pas apparaître sur vos supports visuels, l'auditoire le découvre logiquement en suivant le fil du développement de votre discours, il est ici pour cela, vous écouter

  3. Le nombre d'illustrations visuelles doit être limité au strict minimum afin qu'elles conservent de l'impact et qu'elles ne brouillent pas votre discours

  4. Le support visuel doit être parfaitement clair et lisible pour que l'idée illustrée se dégage rapidement

  5. Soyez certain que le positionnement du matériel de projection et vos déplacements lors de votre présentation orale sont étudiés, pour que l'image projetée soit constamment visible pour l'ensemble de l'auditoire

  6. Vous devez vous assurer du bon fonctionnement technique du matériel servant à projeter vos supports visuels et bien sûr en maîtriser parfaitement l'usage

Pour l'anecdote, certains utilisateurs de notre service d'entraînement privé  n'intègrent finalement pas les supports visuels dans la présentation qu'ils viennent de préparer avec nous et choisissent de compter uniquement sur leur performance de conférencier ou de présentateur. Ces cas sont plutôt exceptionnels, cependant ils illustrent bien la place à donner aux supports visuels: celle d'un outil pouvant améliorer votre présentation orale s'il est bien utilisé, mais qui ne la sauvera pas si vous-même n'êtes pas bien préparé.

Posté par Frederic Gosparini à 10:32 AM | Lien permanent

Tags Technorati :

juin 27, 2006

Filmons-nous les participants durant les formations et les "coachings"?

    C'est LA question récurrente et pour vous donner un indice sur la réponse, j'aurais pu aussi intituler ce billet La formation en prise de parole en public et le mythe de la caméra. Comme vous l'avez sûrement compris, nous ne filmons pas les participants. Durant les formations, c'est le formateur qui est en quelque sorte le miroir du participant et qui le guide sans qu'aucun filtre ne vienne déformer les perceptions visuelle et sonore. Des conditions qui seront plus proches de celles vécues par le public lors d'une présentation réelle.

Voici l'explication technique de ce choix. Nos méthodes sont issues de celles utilisées en art dramatique et n'importe quel comédien professionnel vous le dira: jouer devant un public et jouer devant une caméra demandent des approches de travail différentes. Il en est logiquement de même pour une présentation en public. Si elle n'est pas télévisée, comme dans 99% des cas, l'utilisation d'une caméra pendant la formation n'est pas utile et peut même s'avérer néfaste, car techniquement elle comporte deux inconvénients majeurs:

  1. Vous vous voyez à l'écran au naturel, sans maquillage, avec un éclairage inadéquat et généralement filmé avec du matériel de qualité moyenne, voire médiocre; cette mauvaise qualité visuelle et l'inexpérience de vous voir sous cet aspect risquent de vous complexer et d'altérer votre confiance

  2. Votre image est prisonnière d'un écran qui va donner un effet de loupe en grossissant chacun de vos gestes et chacune de vos expressions; une caractéristique dont vous tenez compte en travaillant, mais qui disparaît lorsque vous êtes en condition réelle dans un espace visuellement dégagé pour votre public

Avec ces deux problèmes cumulés, le résultat d'un travail avec la caméra a peu de chance d'être vraiment performant pour le participant... et surtout pour le public qui assistera à sa prochaine présentation!

Lorsque j'explique cela, certains de mes interlocuteurs me disent qu'ils ont déjà suivi des formations durant lesquelles ils étaient filmés et qu'au contraire, ils ont trouvé très pratique de travailler ainsi. Ils ont raison. Dans une formation de groupe, c'est une solution pratique qui permet d'illustrer rapidement les défauts généraux habituellement rencontrés chez les participants. Mais ce n'est pas la manière de travailler la plus performante et la plus efficace, quand le but recherché est de capter l'attention de l'auditoire et de donner de l'impact à votre message lors de votre prochaine présentation.

Posté par Frederic Gosparini à 10:11 AM | Lien permanent

Tags Technorati :


Catégories

Archives

Notes récentes

Commentaires récents

cdd sur :
Les activités extraprofessionnelles pour améliorer votre expression en public

Jeff sur :
Expression verbale : paraître sympathique sans devenir familier, la frontière à ne pas franchir

Frédéric Gosparini sur :
Expression verbale : paraître sympathique sans devenir familier, la frontière à ne pas franchir

Jeff sur :
Expression verbale : paraître sympathique sans devenir familier, la frontière à ne pas franchir

Frédéric Gosparini sur :
Expression verbale : paraître sympathique sans devenir familier, la frontière à ne pas franchir