La rentrée de septembre étant là, je me suis dit qu'un billet sur ce thème serait une bonne manière de repartir d'un bon pied, après la décontraction propre à la saison estivale. L'idée m'est venue après avoir assisté ces derniers mois à quelques présentations, conférences et autres interventions, durant lesquelles j'ai parfois sursauté en entendant certaines expressions verbales plutôt familières, voire grossières. Deux exemples frappants et heureusement extrêmes :
Un directeur marketing peinant à faire vibrer les foules derrière son micro et qui n'hésite pas à employer le terme "dégueulasse" pour décrire quelque chose de laid. Effet négatif assuré! Si une partie de l'auditoire encaisse avec indulgence, d'autres sursautent avec moi avant d'échanger des regards au mieux interrogateurs, au pire désapprobateurs. Inutile de vous préciser que dès ce moment, le crédit de notre orateur a lourdement chuté.
Un deuxième exemple durant une conférence d'un spécialiste en nouvelles technologies. Au cours de sa démonstration à l'élan sympathique, notre spécialiste franchit la frontière virtuelle et nous explique qu'il est "sur le cul" pour décrire son étonnement. Pour le coup, c'est son auditoire qui s'est trouvé dans cette même position! Cette fois, l'orateur, dont l'attitude décontractée était assumée dès le début de son intervention, n'a pas directement subit le discrédit. En revanche, pour son auditoire plutôt sérieux et peu au fait des nouvelles technologies, cela n'a pu que renforcer le côté un peu hermétique de cet univers... et des personnages particuliers qui semblent y graviter. Un effet finalement contraire au but visé.
Sans rentrer dans le détail, comme les formateurs d'Audience Impact le font durant un coaching, il est essentiel que votre expression verbale, notamment votre vocabulaire, soit ajustée à votre public. Bien sûr le jargon ultra spécialisé doit être évité en face d'un public néophyte sur le sujet que vous exposez. Mais il est également primordial, que la qualité de votre langage montre à votre auditoire le respect que vous lui portez, en évitant les expressions trop familières... sans pour autant que vous paraissiez guindé. Une question d'équilibre finalement, comme bien souvent, pour que le fond de votre message et vous-même gagnent en crédibilité.
Pour finir, un blogue que j'apprécie, édité par cyberpresse, qui remet à sa place certaines expressions de la langue française régulièrement utilisées : Les amoureux du français, de Fabienne Couturier et Paul Roux.
Posté par Frederic Gosparini à 01:30 PM | Lien permanent | Commentaires (4)
Tags Technorati : parler+en+public expression+verbale vocabulaire+presentation+publique
Bonjour Jeff. Merci pour votre commentaire. La notion de vocabulaire évoquée dans le billet concerne le choix des mots, en fonction des objectifs de la présentation et de la nature de l'auditoire. Aussi important que cela soit, ce n'est que l'un des nombreux paramètres à intégrer, lors de la préparation d'une présentation en public. Il ne permet donc pas à lui seul d'estimer la qualité d'un orateur. Par ailleurs, les écarts verbaux de certains orateurs reconnus sont souvent placés, pour justement aller chercher un public sensible à ce style. Cependant, en règle générale, il reste préférable de garder un bon niveau de language montrant un respect vis à vis du public, qui ne peut que donner plus de crédit au contenu d'une présentation.
Postée le: :Frédéric Gosparini | septembre 10, 2006 08:09 PM
Et si au lieu de tenter de donner du crédit à une présentation, on axe la dite présentation sur ce que le public vas en retenir le lendemain, l'utilisation de mots "borderline" voir déplacé par rapport à ce que l'on attend n'est-il pas un bon moyen? J'entends pas par là de sacrer ou de montrer ses fesses en public, mais un dégeulasse bien placé peut apporté une touche d'authencité et capter l'attention d'un public. Dans un monde ou tout le monde cherchent à atteindre la même notion de "perfection", tenter de varié l'approche me semble être une façon efficace de différencier son discours des 47 autres qui sont fait dans la même conférence. Pardonnez mes interventions si c'était pas votre but, mais j'ai peur qu'en lisant ce billet plusieurs personnes y voit une confirmation de la "langue de bois".
Postée le: :Jeff | septembre 11, 2006 01:22 PM
Bonjour Jeff. Donner du crédit à une présentation signifie pour nous capter l'attention de l'auditoire, pour qu'il se souvienne du fond du discours le lendemain. Nous sommes donc sur la même ligne. Il en est de même, lorsque j'évoque dans ma première réponse des écarts de langage de certains orateurs reconnus, cela revient effectivement à la "touche d'authenticité" dont vous parlez. J'ajouterais que c'est ce qu'illustre le billet: la nécessaire adaptation de l'expression verbale à l'auditoire, ce qui n'était pas le cas dans les deux exemples cités. À propos de la "langue de bois", elle désigne pour nous le fond du discours et non la forme. On peut donc parfaitement "parler vrai", sans "langue de bois", en utilisant une expression verbale soignée. Concernant le problème de l'uniformité que vous soulevez avec raison, lorsque Audience Impact prépare les gens d'affaires pour leurs présentations en public, le travail de coaching (ou de formation) est totalement personnalisé afin d'éviter ce piège de l'uniformité. Pour finir, vos interrogations et commentaires étaient tout à fait légitimes, notre blogue étant (entre autres) un espace d'échanges. Merci d'avoir alimenté le débat sur ce billet.
Postée le: :Frédéric Gosparini | septembre 11, 2006 04:22 PM
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Vous dites donc que des orateurs comme Guy Kawasaki sont mauvais car il utilise des mots comme bullshit et crap?
Postée le: :Jeff | septembre 10, 2006 03:12 PM